The library of the palace of Adal

du Royaume d'Adal

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Through the palace window

The city

Beyond the window, a white city stretches all the way to the mountains.

  1. 1 / 4

    The minaret

    Taller than the white rooftops, it watches over the city and the sea.

  2. 2 / 4

    The green dome

    At the heart of the city, it catches the last rays of the sun.

  3. 3 / 4

    The market

    Under taut awnings, the stalls overflow with spices, fabrics and incense. Caravans unload their goods here.

  4. 4 / 4

    The banner

    Embroidered with gold, the green banner flies above the ramparts.

Through the palace window

The city

Beyond the window, a white city stretches all the way to the mountains.

  1. The minaret

    Taller than the white rooftops, it watches over the city and the sea.

  2. The green dome

    At the heart of the city, it catches the last rays of the sun.

  3. The market

    Under taut awnings, the stalls overflow with spices, fabrics and incense. Caravans unload their goods here.

  4. The banner

    Embroidered with gold, the green banner flies above the ramparts.

On the shores

The Red Sea

Along its shores, white cities watch the dhows sail by.

They arrive from Arabia with full holds, and leave again with the wind.

This is where Aladin's story begins.

The map

The Kingdom of Adal

Follow the merchants' route, from the far shore of the gulf to the highlands.

  1. Aden

    An Arabian port, on the far shore of the Gulf of Aden.

  2. Zeila

    The great port of the kingdom of Adal, where the dhows come in.

  3. Harar

    A city of the highlands, which became Adal's capital in the 16th century.

Aladin's own path is revealed in the book.

Red SeaGulf of AdenArabiaBab-el-Mandebthe gate of lamentationKingdom of AdalTadjouraBerberaAdenZeilaHararNMap of the kingdom of Adal0100 km

The faces

The characters

Ala and Awa are born, two creatures in his image, more docile, more tireless ... and soon more alive than he is.

Whispers of the lamp

Words from the book

Delve into the old folk tale of an orphan who receives everything he desired. What does a boy king do once he has conquered the world? Why, create his own artificial life forms of course!

  1. I am your servant forever, O Master. Speak your wish, and I shall grant it.

    The Genie
  2. I grant your desires… not your questions.

    The Genie
  3. I want a being like me.

    Aladin
  4. My name is Ala — he said in a metallic voice — pleased to make your acquaintance.

    Ala
  5. Where Ala executes, Awa imagines. Lack breeds desire, and desire drives creation.

    The Genie
  6. Perhaps we are not the destination, but we are the passage…

    Awa

    From mystery to mystery, he reaches the ultimate encounter.

Quotations translated from the French.

The first pages

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Abdirachid Doanidu Royaume d'Adal
1
Alla-Udin au milieu d'un marché, sur les rives de la mer Rouge
Alla-Udin
2
Chapitre premierIl était une fois Alla-Udin !

Une nuit, tandis que tout sommeillait dans un silence paisible et que les miens dormaient, étendus dans la fraîcheur de la véranda, un souvenir ancien s’imposa à moi, sans prévenir : l’histoire d’Aladin. Je ne saurais dire pourquoi elle refit surface, mais elle se déroula devant mes yeux avec une vivacité étonnante, comme si elle m’était contée à cet instant même, dans un murmure familier.

Je voyais Aladin, pauvre garçon solitaire, vivant avec sa mère ; le magicien perfide, rusé et avide, qui convoitait la lampe au pouvoir prodigieux ; la princesse Badroulboudour, d’une beauté éblouissante, que le jeune Aladin allait conquérir grâce à l’éclat mystérieux de cet objet enchanté… Toutes ces scènes défilaient dans mon esprit avec une précision troublante, comme tirées d’un rêve limpide.

Cela faisait pourtant des décennies, depuis mes premiers pas sur les bancs de l’école primaire, que je n’avais plus entendu parler de cette histoire. Avant cette nuit-là, il ne m’en restait qu’une vague image : celle d’un jeune garçon possédant une lampe magique qu’il suffisait de frotter pour voir surgir un « jin », c’est-à-dire un démon, prêt à satisfaire ses moindres désirs.

Mais désormais, je connaissais l’histoire dans ses moindres replis, et je la comprenais sous un éclairage nouveau. Dans mon songe, elle ne se jouait plus dans la vieille Chine impériale, mais en Afrique, chez les magiciens et les guérisseurs, comme si, au fond, elle avait toujours appartenu à ces terres-là. Elle se déroulait sur les rives de la mer Rouge, dans le royaume oublié d’Adal, bien avant que celui-ci ne fût avalé, digéré puis recraché par l’antique Abyssinie orientale, alors sous domination musulmane.

Le père d’Aladin se nommait Mustapha Bahudin. Il venait de la Perse antique. Ses parents avaient quitté Bagdad, la cité de lumière, de savoir et de jardins, pour Bokhara, avant de s’établir à Nishapur, sous les fastes calmes de la dynastie abbasside.

Jusqu’à cette nuit où le récit m’apparut dans toute sa richesse, je n’en avais retenu que les bribes enfantines : une fable naïve, inventée par quelque conteur chinois aux rêveries débordantes. Et pourtant, elle était bien plus que cela. C’était l’histoire véritable d’un jeune homme insouciant et désinvolte, qui eut un jour la chance, ou le fardeau, de découvrir la magie d’une lampe abandonnée au fond d’une grotte.

Il lui suffisait de la frotter pour qu’un génie en surgisse, s’inclinant devant lui et disant : « Je suis ton serviteur à jamais, ô Maître. Dis ton vœu, et je l’accomplirai. » Par ce simple pouvoir du désir, Aladin pouvait tout obtenir. Il n’avait qu’à prononcer « Je veux… » et le monde s’ouvrait à lui.

Son premier vœu fut de nourriture. Et il en reçut tant que son corps, trop comblé, finit par s’en plaindre. Puis vinrent les habits somptueux, les palais aux coupoles d’or, les joyaux et les colliers, le pouvoir et l’admiration. Il devint empereur d’un royaume sans limites, entouré de concubines empressées, de gardes silencieux et de serviteurs dociles. Tout lui était dû. Et tout lui était donné. Il frottait, et le génie apparaissait.

Mais quelque chose se fissura peu à peu. Avec son génie, le temps s’était contracté, l’espace effacé. Aladin ne vivait que dans le temps des hommes, l’instant bref où il savourait la réalisation d’un désir. Puis, ce désir le projetait ailleurs, dans un autre lieu, un autre temps, sans qu’il ne s’en rende même compte. Chaque souhait le transportait dans un monde à son image, et la seule chose qu’il emportait d’un univers à l’autre, tel un talisman silencieux, était cette lampe qui exauçait tout.

Ainsi, en quelques mois, il vécut dans mille civilisations, dispersées aux quatre coins du monde et séparées par des siècles entiers. Mais à chaque vœu comblé, sa volonté se dissolvait un peu, et la lumière de son âme semblait se ternir.

C’est sans doute pourquoi, un jour, il se lassa de tout commander. Ce n’était pas seulement qu’il n’avait plus faim, ni froid, ni peur, c’était qu’il en avait assez de vouloir. Il avait tout possédé : des mets raffinés, des soies aux mille couleurs, un lit différent chaque nuit, un trône sous chaque ciel. Il était adulé, courtisé, envié. Et pourtant, il sentait ses forces décliner, comme si sa lampe lui retirait plus qu’elle ne lui offrait.

Un jour, accablé, l’esprit plein de regrets, il se demanda : « Et si j’avais mal utilisé ma lampe ? » Il revit alors sa vie comme un patchwork éclaté, une suite de fragments sans lien, une succession de caprices éphémères, sans direction ni profondeur.

Ce fut un matin de printemps, dans un pays tropical. Il était étendu près d’un lac quand il vit soudain surgir un poisson immense, qui replongea aussitôt dans les eaux. Il suivit de l’œil ses ondulations, puis se prit à rêver : et s’il pouvait, lui aussi, fendre l’eau, plonger dans les abysses, voguer d’un continent à l’autre, découvrir ce qui se cache au-delà des horizons ? Cette idée le ranima, et il convoqua son génie. Celui-ci apparut aussitôt, lui offrant un bateau plus rapide que tous les poissons de la mer. Dès lors, ce fut son nouveau jeu, sa nouvelle école. Il contemplait la nature, choisissait un élément et l’imaginait « plus grand, plus beau, plus fort ».

Il respirait une tulipe et désirait en extraire l’essence pure : le génie la lui offrait. Un jour, assis dans un jardin, ses yeux s’attardèrent sur une fourmi encerclée par une flaque d’eau. Elle hésitait, tâtonnait, mais trouva son chemin et échappa à la noyade. Fasciné, Aladin se demanda : Comment a-t-elle vu ce passage si étroit ? Il interrogea son génie, qui lui présenta un microscope. Aladin s’émerveilla, mais pensa aussitôt : « Ce microscope est trop gros. Jamais une fourmi ne pourrait en porter un pareil dans sa tête. » Alors, le génie lui donna un microscope. Puis un microscope minuscule. Aladin sourit, puis se détourna. Une nouvelle question l’assaillait déjà : « Et l’aigle ? Utilise-t-il un tel instrument pour repérer sa proie depuis les hauteurs célestes ? »

Il rappela son génie et posa la question. Mais le génie, pour la première fois, resta coi :

— Je ne sais pas, dit-il. J’exauce vos désirs… pas vos interrogations.

Aladin savait déjà qu’il ne tirerait plus grand-chose de ce terrain. Le génie, malgré toute sa puissance, n’était d’aucun secours pour penser. Mais Aladin n’attendait pas de réponses, seulement un interlocuteur, un miroir d’écoute où tester ses intuitions naissantes.

— Puisqu’il existe un instrument pour voir ce qui est minuscule et proche, dit-il, apporte-moi maintenant quelque chose qui permette de voir le plus loin possible !

Le génie s’inclina aussitôt :

— À vos ordres, Maître.

Il disparut dans un éclair et réapparut avec un objet immense, mille fois plus imposant que le plus grand des microscopes. Un sourire satisfait aux lèvres, il tendit l’engin :

— Voici ce que vous avez demandé. Cela s’appelle un télescope. Il vous permet de voir jusqu’aux confins du monde et au-delà.

Aladin l’essaya. Il vit des étoiles, des planètes, des brumes de lumière filant dans le vide. L’espace s’ouvrait devant lui, infini et mystérieux. Il s’émerveilla un moment, puis l’enchantement retomba, chassé par un autre désir. C’était toujours ainsi : un émerveillement, puis une fatigue ; un frisson, puis l’oubli. Chaque nouveauté, aussitôt goûtée, était supplantée par une autre envie, plus vive, plus étrange.

Il regardait autour de lui et, de chaque chose, il voulait capter l’essence, la puissance, l’intensité. Il croisait un cheval, aussitôt il rêvait d’une monture capable de galoper plus vite que le vent sans jamais s’épuiser. Le génie, fidèle à son rôle, lui offrait une berline élégante et rapide, filant plus vite qu’un guépard sur la plaine.

Ainsi, Aladin conquit tour à tour la terre, la mer, l’air… puis l’éther. Tout ce que la nature offrait — beauté, vitesse, finesse, goût, éclat — il le voulait en « plus » : plus vaste, plus doux, plus rapide, plus délicieux, plus sublime… Et le génie, infatigable, exauçait, toujours, sans question, sans délai.

À chaque vœu comblé, Aladin traversait un monde. Le temps n’était plus qu’un rideau qu’il écartait d’un revers de « lampe ». Les époques, les civilisations, les continents passaient comme des rêves. Il naissait dans un monde, y épuisait son désir, et s’éveillait dans un autre.

La seule chose qui l’accompagnait, d’un univers à l’autre, c’était cette lampe, l’unique trace tangible de son voyage infini.

C’est ainsi qu’il passa du Moyen Âge africain, sur la rive méridionale de la mer Rouge, aux jardins de soie de l’Extrême-Orient, puis aux rives sacrées du Gange. Il s’égara quelque temps dans l’Orient des contes et des palais, avant d’échouer sur les bords méditerranéens, où il finit par poser son dernier regard sur le monde.

Son nom, au fil de ces traversées, s’était érodé comme une pierre polie par le sable et le vent. D’Alla-ud-Din, il était devenu Aladin. Mais de cela, il n’avait même pas conscience. C’était comme s’il s’était toujours appelé ainsi.

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The rest… is in the bookThe journey continues in the book, available now.
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Portrait of Abdirachid Doani

The pen

The author

Abdirachid Doani

Author of Aladin du Royaume d'Adal

Dr. Abdirachid Mohamed Ismail holds a degree in Culture and Communication as well as a doctorate in Linguistics from the National Institute for Oriental Languages ​​and Civilizations (Inalco) in Paris. He is a Senior Lecturer at the University of Djibouti, where he also directed the university’s Continuing Education Center for several years. His interest in the linguistics of national languages ​​in general, and Somali in particular, led him to chair the technical committee for the establishment of the Intergovernmental Academy of the Somali Language. Among other works, he is a co-editor of the book *Afmaal*. He has published in numerous peer-reviewed academic journals and is the author of a historical and literary study of the poetry of Elmi Bodheri, one of the most renowned Somali poets. The book was published in Somali under the title *Cilmi Boodheri, Jacaylkii taamka ahaa* (2016) and in French under the title *Elmi Bodheri, L’histoire d’un amour absolu* (2017).

Open this book the way you would open a palace window: beyond it lie the Red Sea, white cities and a boy who dreams. I wish you a wonderful journey to the Kingdom of Adal.

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What those who have travelled to the kingdom of Adal say about it.

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On the shores of the Red Sea

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